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“Le plus jeune soldat tombé à la guerre”

Classé n° 8 sur 15 choses à voir/à faire à Lens
Détails de l'activité
Avis publié : 24 mars 2014

Le cimetière militaire allemand de Lens-Sallaumines est situé à l'arrière du cimetière municipal de Lens-Est, qu'il faut traverser. Il contient les corps de 15.646 soldats. Il est créé au printemps 1915 par les troupes allemandes pour accueillir les corps des soldats tombés près de la colline de Notre-Dame-de-Lorette, à 13 km d'ici ; c'est pourquoi il est alors appelé « Cimetière de Lorette ». À ce moment, des croix de bois sont utilisées pour chaque tombe et plusieurs monuments sont édifiés à la mémoire de ces morts par leur division ou régiment. Les bombardements d'août et septembre 1918, au moment de la grande contre-offensive alliée, ravagent complètement le cimetière qui est remis en état par les autorités françaises. En 1926, son entretien est confié au VDK (« Volksbund Deutsche Kriesgräberfürsorge » – « Association pour l'entretien des tombes de guerre allemandes »). Dans son aspect actuel, il date des réaménagements de 1977 où les croix de bois ont été remplacées par des croix de granit belge.

Comme dans les autres cimetières allemands, les arbres occupent une place importante dans l'aménagement du cimetière. Les croix de pierre indiquent deux noms et, à la base de chacune, trois chiffres : celui du bloc suivi de la numérotation des corps à l'intérieur de ce bloc. Plus aucun ancien monument commémoratif n'est encore visible sauf, à droite de l'entrée, une pierre à l'inscription bilingue allemand-français devenue pratiquement illisible avec le temps. 7.439 soldats reposent dans quatre fosses communes au fond du cimetière : les deux fosses centrales contiennent des soldats identifiés dont les noms sont inscrits sur des plaques de métal ; les soldats inconnus sont répartis dans les deux autres fosses, à gauche et à droite. Le mur de fond du cimetière est constitué par des pierres de granit suisse.

Arrêtons-nous quelques instants devant la tombe 11/268, vers le fond du cimetière, à droite, où repose Paul MAUCQ, mort le 07 juin 1915. Il allait avoir 15 ans un mois plus tard ; il s'agit donc du plus jeune soldat tombé durant la Grande Guerre. Paul MAUK était le sixième enfant d'une famille qui en comprenait huit et qui s'était installée en 1911 à Fribourg-en-Brisgau, dans le Bade-Wurtemberg (Forêt noire). Avec son frère Walter, son aîné d'un an, il s'engage comme volontaire en août 1914 et est admis car il est capable de porter une arme – il est d'une taille et d'une corpulence bien au-dessus de la moyenne. Après leur formation militaire, ces deux frères sont incorporés le 1er mars 1915 dans le régiment d'infanterie badois 113, où ils retrouvent leurs deux autres frères, Karl et Fritz. Ils rejoignent alors cette partie-ci du front occidental où les Français entament, début mai 1915, une offensive majeure pour reprendre la colline de Notre-Dame-de-Lorette. Le 09 mai, Paul MAUCQ est blessé par un éclat d'obus à la tête ; huit jours plus tard, il s'échappe en secret de son hôpital de campagne et rejoint son régiment. Le 06 juin au soir, près de Liévin, une balle perdue le touche au bras et enflamme sa réserve de poudre ; il mourra le lendemain matin, sans se plaindre, à côté de son frère Walter blessé lui aussi près de lui. Dans les papiers de Karl MAUK mort au combat le 7 avril 1918 (et inhumé dans le cimetière militaire allemand de Chauny, dans l'Aisne), on a retrouvé ce court poème dédié à son petit frère : « Mon frère, mon bien-aimé frère / Laisse-moi voir encore la clarté de tes petits yeux / Plus vif et gai, j’irai soutenir le prochain combat /Avec le véritable courage du soldat allemand (...) ».

D'autres très jeunes soldats ont aussi perdu la vie durant cette Première Guerre mondiale. C'est le cas par exemple de Robert BARNETT, soldat britannique tué le 15 décembre 1914 à l'âge de 15 ans. Il est inhumé dans le « Rifle House Cemetery » au beau milieu du bois de Ploegsteert, en Belgique. J'ai visité sa tombe par une brumeuse journée d'hiver, début décembre 2013 ; devant la stèle blanche, fichée en terre, une petite croix du souvenir placée là par un ancien premier ministre belge originaire de la région de Ypres, toute proche. Ici, à Lens-Sallaumines, Paul MAUCQ ne reçoit pas tant d'honneurs et son nom même, par l'usure du temps, s'efface inexorablement de la croix de pierre. Illustration de ce dicton bien connu « Vae Victis », « Malheur aux Vaincus » ? Si tel est le cas, ce serait bien regrettable.

À la sortie du cimetière militaire, empruntons à gauche une allée bordée d'autres sépultures militaires, françaises et britanniques cette fois. Presque au bout de cette allée, du côté gauche, arrêtons-nous quelques instants devant la tombe de PECOU Henri tué le 23 août 1914 à Dinant. Son carnet militaire nous apprend qu'il était originaire de Lens, âgé de 30 ans et considéré comme « disparu » (il a d'ailleurs été déclaré mort lors d'un jugement rendu le 15 juin 1916 par le tribunal de Béthune). Sa stèle est différente de ses autres compatriotes morts au combat. Pourquoi ? Après la guerre, contrairement à ce qui s'est passé dans les armées britannique ou allemande, les familles françaises, sous la pression des associations d'anciens combattants, ont obtenu en 1920 la possibilité de récupérer les corps de leurs proches. On considère qu'environ 30 % des tués (soit 250.000 soldats) ont ainsi été ensevelis dans des caveaux familiaux. Dans le cas qui nous préoccupe, on peut supposer que PECOU Henri a été récupéré par sa famille une fois sa sépulture retrouvée après la guerre (puisque Dinant a été sous occupation allemande durant toute la guerre).

La chute de Dinant, le 23 août 1914, est restée très célèbre en Belgique. D'une part parce que l'armée allemande s'y est rendue responsable de massacres (674 civils tués) et de destructions matérielles (plus de 1.000 maisons détruites). D'autre part parce qu'une semaine plus tôt, le 15 août 1914, lorsque les Allemands ont essayé pour la première fois de prendre la ville, un jeune lieutenant fut blessé à la jambe près du pont qui franchit la Meuse ; il avait pour nom .... Charles de GAULLE, futur chef de la France libre (1940-1944) et président de la République française (1958-1969).

Ce cimetière militaire est accessible aux mêmes heures que le cimetière civil : de 08h00 à 16h45 de novembre à janvier ; de 08h00 à 17h45 en février, mars et octobre ; de 08h00 à 19h00 d'avril à septembre. Les 1er et 2 novembre, il est exceptionnellement fermé à 18h00.

13  Merci Jean-Claude F
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58 avis sur 8

Avis publié : 21 octobre 2015
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Merci JustJW
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Avis publié : 31 mars 2015
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1  Merci dianne m
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Avis publié : 30 mai 2014
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3  Merci Gerard V
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